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Maurice Dantec
Né à Grenoble, France, le 13 juin 1959, Maurice Dantec est devenu malgré lui le pape du cyber-polar à la française

LA SIRENE ROUGE

C'est du Polar, du vrai, avec des méchants et des gentils, des règlements de comptes et des fusil à lunettes. Mais avec un quelque chose en plus qui vous prend les tripes et ne vous lâche plus jusqu' à la dernière page.
De l'implosion yougoslave au trafic de snuff-movies, c'est la fuite en avant d'un mercenaire en acier trempé et d'une Alice adolescente au pays des horreurs.
Du brut, du franc, un poil manichéen mais tellement scotchant qu'on en redemande!

LES RACINES DU MAL

Une plongée hallucinée dans les méandres de l'esprit humain, l'esprit du mal.
Tout commence avec les délires paranoïaques d'un sérial killer. "Andreas Schaltmann s'est mis à tuer parce que son estomac pourrissait. Le phénomène n'était pas isolé, tant s'en faut. Cela faisait longtemps que les ondes cosmiques émises par les Aliens faisaient changer ses organes de place, depuis que les nazis et les habitants de vega s'étaient installés dans ses quartiers.'' Andreas est un tueur et il le sait, mais quand on cherche à lui coller sur le dos des crimes qu'il n'a pas commis, du fond de sa clinique, il hurle...
Seul un scientifique mettant au point la neuromatrice, sorte d'intelligence artificielle de constitution schizophrénique comprend qu'Andreas n'a pas commis tous ces crimes, mais bel et bien des êtres dont le Mal est leur pain quotidien.
Rude, cru, explosif. Le style est habile, détourné puis soudain très direct, sachant ne pas trop en dire pour rester réaliste, avec ce ton de polar désabusé et des volées de coups inattendues. Violent et froid, avec règlement de comptes et rendez-vous glauques. Mais l'idée de l'entité schizophrénique artificielle créée par Darquanqier pour débusquer les criminels fonctionne très bien, et on ne lâche pas le livre avant la fin. C'est du sang neuf, et le sang, ça tâche, c'est sûr...

 

BABYLON BABIES

Ce troisième opus commence comme le premier [avec Toorop, le mercenaire, engagé cette fois aux côtés des Ouïgours contre la Chine] et s'achève comme le deuxième, dans le chaos post-cyber.
Toorop accepte de travailler pour les mafias sibériennes. Mission : escorter Marie, une jeune femme, au Québec. C'est tout. Mais ce qu'il ne sait pas c'est que cette jeune femme porte en elle la prochaine mutation de l'Humanité, la synthèse de l'Homme et de la neuromatrice crée par Darquandier dans les Racines du Mal, et qu'elle est donc recherchée par tout ce que la planète compte en 2014 de sectes post-millénaristes et de hackers déjantés.

 

 

LE THEATRE DES OPERATIONS - Journal métaphysique et polémique 1999

Après trois succès au rayon polar, Maurice G.Dantec livre un journal prétendument provocateur.
Quelques interrogations trouveraient leur place dans la colonne éditoriale d'un quotidien mais les règlements de compte et la pensée vite formulée gâchent l'ensemble. Dantec, dans un même livre, évoque le nouveau roman avec finesse et écrire quelques âneries sur la fierté homosexuelle, et sur quelques faits historique. Il vogue également entre discours sociologique assez ennuyeux et quelques propos scientifique très intéressants mais un peu technique. Reste sa vision du travail d'écriture et quelques jolis aphorismes, Dantec lit beaucoup, pense beaucoup et veut nous le faire savoir!

LABORATOIRE DE CATASTROPHE GENERALE

Après la sortie mouvementée et fort critiquée du théatre des opérations, Maurice G.Dantec une tome 2 en assumant haut et fort ses opinions et en réglant quelques comptes avec les critiques du Tome 1.
Démarche quelque peu suicidaire, voire totalement réactionnaire, d'autant plus que ses propos anti-communiste (que nous devrions tous partagés tant le communiste a apporté d'ignominie dans le monde) et par là-même anti-gauchiste, ses attaques contre l'inefficacité hypocrite de l'ONU et la mise en avant d'auteurs limite facho font de Dantec un écrivain maudit. Les gauchistes français crieront au fasciste et c'est à mon avis ce que recherche Dantec, prouver à ces gens qu'ils sont finalement plus extrémistes que lui.

Mises à part ces attaques et réglement de comptes, en page 401, on tombe stupéfait sur qu'écrit Dantec un an avant le terrible événement de NYC:
"...Voilà, nous sommes le lundi 11 septembre (2000, ndlr) au matin, 7H52 sur l'horloge numérique de l'ordinateur, et la pluie tombe, comme un accès irrépressible de larmes entrecoupés de pauses d'une mélancolie extrême. [...]
Interruption du journal pendant plus d'un mois. Je reprends le cours de mes notes le 23 octobre au soir, et je reste muet de longues minutes devant mon ordinateur, ne sachant pas véritablement par où commencer
pour raconter les 5 ou 6 semaines qui viennent de s'écouler. Mais je me rends compte très rapidement qu'entre-temps le monde s'est encore avancé plus avant dans la 4ème guerre mondiale. [...]...."

Inutile de rappeler que le livre est sortie une semaine avant la chute du WTC. C'est une belle coïncidence, certes, mais le plus drôle hier (lorsque j'ai lu cela) nous étions le 23 octobre 2001 ! Après cet éclair de vision, Dantec nous livre 80 pages sur ce qui se passe en Afghanistan et sa seule solution envisageable pour régler le problème Taliban et du terrorisme, c'est de débarquer en masse annihiler ces étudiants de la foi...
Dantec serait-il devin? Je vous laisse lire les pages 400 à 500 pour que vous en décidez tout seul.

Enfin, pour ceux qui sont tentés d'acheter l'album de Dalbello "Whore", je vous conseille plutôt d'acheter "she".