Comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute de Maurice G. Dantec

Maurice G. DantecAh voici la dernière nouvelle de Maurice Dantec, mon écrivain français favori. Et pour une fois ce n'est pas un pavé, c'est court (210 pages) et je l'ai lu quasiment d'une traite!
Résumé: En France dans un avnir proche, un couple atteint du syndrome de Schiron Aldiss, un neurovirus génétique qui provoque des symptômes maniaco-dépressifs, décide de fuir du centre dans lequel ils sont enfermés pour aller se réfugier sur une île au bout du monde. Pour cela, ils braquent l'une des dernières postes ayant un système de sécurité du XXème siècle et faussent les pistes.
Le plan de la cavale semble fonctionner pafaitement, mais l'issue reste floue. En effet, ils ignorent leur espérance de vie, et souffrent d'hallucinations de plus en plus fréquentes...
Ma note:

Ma critique: Depuis que Dantec s'est exilé au Canada, lire Dantec, c'est devenu politiquement incorrect. Plus personne ne sait vraiment sa couleur politique Cela part sur les chapeaux de roue avec une intrigue basique basé sur le triptyque "un couple, un braquage et une cavale"; et avecles visions de futurologue averti de Dantec, nous sommes servis avec ce nouveau polar d'anticipation. L'action se passe dans une France relativement proche où les analyses ADN sont systématiques, le service public n'existe partiquement plus et le cyber-espace est omniprésent. Comme le dit le quatrième de couveture, il y a bien un petit quelque chose de son road-movie de "la sirène rouge" mais celle-ci ayant coopulé avec les esprits mystiques de "Grande Jonction".
En effet, le livre raconte la cavale d'un couple, fuyant l'état répressif voulant leur internement à vie, à cause d'un virus neuronale qu'ils ont contracté; altérant leur réalité; mais aussi leurs donnant des pouvoirs encore ionconnus à ce jour. L'écriture de cette cavale est hallucinante, haletante et bien menée. L'apparition des délires causés par le virus apporte sa forte dose de mystère et permet d'envisager une fin comme seul Dantec sait les faire: une fin mystico-religieuse apocalyptique partant dans tous les sens.
Toutefois, ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi ce livre est sorti ainsi, seul et ridiculement petit; alors que Dantec nous habitue à des pavés et que son dernier livre, "Artefact 1.0" était justement un receuil de nouvelles (lire ici ma critique). On pouvait donc s'attendre à lire ce polar dans "Artfact 2.0". Mais non, l'éditeur de Dantec, Albin Michel, en a décidé autrement et a forcé la main de Dantec pour reprendre une de ces nouvelles inachevées écrites 10 ans plus tôt; pour la conclure et nous pondre ce produit commercial, parfait pot-pourri de ses styles et de ses visions de fin de monde.

Et reprendre une oeuvre 10 ans plus tard, on ressent quelque part dans le fil de lecture un saut quantique, à un passage brutal à une réalité altérée qui n'est plus en phase avec les personnages. Du coup, les deux tiers du livre se lisent d'une traite et d'un coup, on sent le coup fourré venir: le voyage dans un délire métaphysique et religieux. Moi j'aime bien, car je connais le style de l'auteur et je sais donc à quoi m'attendre, mais là, ceux qui passent diectement par ce livre vont être un peu surpris par cette univers spirituel apocalyptique, cette courte fin qui ouvre tant de portes qu'on ne comprend plus rien. Ceux qui n'aimaient pas Dantec vous pouvoir continuer à faire du petit bois à son égard avec ce livre. Ceux qui aiment se rechaufferont avec, mais guère plus.
Dommage...

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