Album hors du temps, définitivement new-wave avant
l'heure, et d'une froideur extrême, il est difficile
de rentrer dans cet album. Les potentiels tubes sont délibéremment
gâchés, triturés par Brian Eno faisant
de chaque morceau un univers oppressant. Certains clament
que c'est l'atmosphère de Berlin qui se dégage
de l'album, il faut le croire. Une orchidée devant
le mur de Berlin n'a pas l'éclat, ni la beautée
que peut avoir cette même orchidée dans son milieu
Peter GABRIEL - 3
intruder
Après 2 albums ténébreux dans lesquels
l'archange cherchait sa lumière, Peter Gabriel nous
livre un chef d'oeuvre musical torturé aux rythmes
tribaux. Ecoutez la basse de Tony Levin sur "I don't
remember" et "Intruder", la batterie de Jerry
Marrotta et le jeu de guitare saccadé de Robert Fripp...
vous deviendrez peut-être fou, irradié par ce
son qui vient d'ailleurs...
Enfin, l'hymne anti-apartheid "Biko" conclue cet
album de toute beauté et ouvre la voie à la
World Music dans la musique occidentale.
1981
KING CRIMSON - discipline
indiscipline
A chaque fois que j'écoute cet album, j'ai l'impression
que cet album a toujours 10 ans d'avance sur son temps. Y'a
rien à dire, la stickbasse de Tony Levin sonne commes
les images de Dali, le jeux de guitare d'Adrian Belew et de
Robert Fripp est de ce qu'il y a de plus technique et avantgardiste
lorsqu'on joue à 2, et la batterie électronique
de Bill Bruford vient du futur (il a enregistré un
son de batterie à l'envers et le résultat est
détonnant). Il faut également parler des autres
effets guitares de Fripp (frippertronics sous acide, genre
de larmoiements stridents) et de Belew (elephantories, grognements
elephantesques).
Ce n'est pas un album mélodique, c'est un album mathématique.
Seulement pour oreilles expertes en musiques.
1982
GENESIS - Genesis
home by the sea
Genesis a 2 visages contradictoire: le genesis non commercial
(toute la période 70) et le genesis commercial: machine
taylorienne à faire des tubes. Seuls 2 albums embrassent
ces 2 catégories: 'The duke' et 'Genesis'. Le 1er n'est
pas assez homogène alors que le second est une symbiose
parfaite entre la créativité musicale et l'objectif
commercial. Aucune fausse note, aucune note trop facile, trop
commerciale, ni trop d'arrangements sans fin, ni queues ni
têtes, cet album est un chef d'oeuvre du genre, comment
rendre le créatif lucratif.
SAGA - In transit
wind him up
Rarement un live ne sonne comme ça, vous regrettez
rien qu'à l'écoute de ne pas avoir participé
à cette tournée! Le son est vraiment chaud,
et que dire des musiciens et du public. Et en plein milien
vous avez donc ce 'wind him up' qui vous arrache le coeur
avec ses basses et synthés tonitruants. Mon coeur en
bat toujours de joie...
1983
THE THE - Soul Mining
Uncertain Smile
1er album de The The, alias Matt Johnson, avec comme défi,
presqu'aucune guitare!!! Des textes liant simplicité
et profondeur, tous basé sur le thème de la
recherche de son soi profond, le saint Graal de Matt Johnson.
Au niveau musical, c'est le grand bonheur, des mélodies
apparemment simples guidées par une rythmique
parfois très poussée ou très technique
pour palier à l'absence de guitare, le tout enrobé
par des claviers enchanteresque.
YES - 90125
Owner of a lonely heart
YES est une grande famille, sur 30 ans de carrière,
le line-up a changé moulte fois mais toujours avec
la même dizaine de musiciens: certains allant et venant
selon l'inspiration du moment. Et 90125 ne faillit pas à
la règle: retrouvailles explosives avec comme catalyseur
Trevor Rabin, guitariste prodigieux, et Trevor Jones, producteur
de génie (de l'époque). Ce YES-là sonne
comme du très bon hard FM, du très bon Police
et du YES bien sûr, même si cela ne plait pas
aux puristes.
1984
MARILLION - Fugazi
fugazi
Marillion s'est vu catalogué parmi les groupes de Heavy-metal
pour cet album. Quelques riffs de guitares furieux (assassin!),
compositions complexes, chants percutants, textes compliqués
et un son très travaillé font que cet album
ne peut appartenir qu'à la famille heavy métal...
Dommage, Marillion méritait déjà d'être
un public plus large... Heureusement que vint 'Misplaced Childhood'.
Bryan ADAMS - Reckless
she's only happy when she is dancing
Que de hits, que de hits sur cet album!!! A vrai dire, un
seul morceau de l'album n'est pas sorti en single aux USA.
Dommage que notre canadien a voulu par la suite se la jouer
à la Rod Stewart ou autre chanteur US, car cet album est vraiment
le summum du commercial de très bon goût.
1985
MARILLION - Misplaced Childhood
blind curve <
Ce concept album est une prouesse, un joyau. Il s'écoute
d'un trait car il ne comprend qu'un début et qu'une
fin. Tout est lié et cousu de fil d'or. Des mélodies
flirtant avec le spleen, des textes aiguisés sur le
bord des larmes font de ce chef d'oeuvre l'album de mon adolescence.
C'est l'album que j'ai le plus offert dans ma vie et que je
continue d'offrir car une véritable magie du désespoir
s'y dégage pour partir en feu d'artifice sur les 2
derniers morceaux... 'I thought maybe I've already gone
crazy...'
TEARS FOR FEARS - songs from the big chair
mothers talk
Après un 1er album fort prometteur (très new-wave
brit-pop des années 80), TFF nous livre une bombe musicale,
le compromis parfait entre les obligations commerciales et
le plaisir musical. Production musicale ultra-léchée,
tubes planétaires et composition et interprétation
sans fautes. Faut dire que les musiciens qui entourent TFF
sont des pointures dans leurs genres (inutile de rappeler
que Mel Collins est un ancien membre du KingCrimson!).
SIMPLE MINDS - once upon a time
ghostdancing
Les années 80 sont sans contexte la période
où l'exigeance musicale a été le plus
en harmonie avec les obligations commerciales. Plaire mais
se faire plaisir avant tout, voici le leitmotiv de TFF,
Depeche Mode, U2 et de... Simple Minds.
Dernier album de nos simples esprits avant qu'ils ne prennent
la grosse tête, c'est dommage qu'il manque à
cet album le morceau "don't you (fotget about me)" mais
le plaisir, la fougue et sont là. Que demande le
peuple?!
1986
THE THE - Infected
infected
Après un premier album aux allures faussement minimalistes,
voici une bombe indie qui a fait couler beaucoup d'encre.
A la fois visionnaire (il décrit la guerre de Golf,
voir également Time bomb) et poète, Matt Johnson
a une plume qui pointe droit au coeur et au cerveau, et une
musique sombre et puissante très 'indie' qui a fait
de la presse underground anglaise l'un de ses chouchous...
Un diamant à l'éclat noir de la brit-pop des
années 80.
PETER GABRIEL - So
big time
L'album parfait. Rien n'y manque: émotion, joie, intelligence,
simplicité, tendresse,
grandiloquence, humanité, froideur... Tout y est. Cet
album est parfait. Peter Gabriel avant de s'enfoncer dans
les sources musicales de nos lointaines contrées a
voulu faire un dernier voyage dans l'univers de la pop music
à la fois intelligente et commerciale. Un album pour
toutes les oreilles.
METALLICA - Ride The Lightning
fade to black
A l'écoute du premier morceau, je me suis encore dit:
"putain, encore un pauvre groupe qui ne sait faire que
du bruit..." et puis le lendemain, j'entends 'fade to
black' et là, je prends une claque terrible! Metallica
sait composer, jouer et passer des sentiments. Metallica est
un groupe intelligent, ces mecs là qui vocifèrent
des 'fuck you' à longueur de journée savent
écrire et jouer de la musique éminemment complexe
(il suffit d'écouter the call of ktulu).
Finalement, 'Fight fire with fire' (le 1er morceau), n'est-ce
pas là tout le message subtil de Metallica.
1987
MARILLION - Clutching At Straws
warm wet circles
Je dis souvent que le meilleur album de Marillion est le dernier
que j'ai écouté, et il faut avouer que Clutching
at straws est souvent le dernier album que j'ai écouté
de Marillion. Après la crise adolescente de Misplaced
Childhood, voici une autre crise existentielle, la dérive
alccolique...
DEPECHE MODE - music for the masses
agent orange
Depeche Mode à son apogée.
J'aurais pu mettre également "Violator" mais "The masses"
a l'avantage de n'avoir aucun morceau baclé, contrairement
aux autres.
1988
QUEENSRYCHE - operation: mindcrime
spreading the disease
Concept album rare et intelligent, dans une atmosphère
à la Enki Bilal, cet album est une dénonciation
des politiques US, histoire d'un jeune homme sans avenir manipulé
pour tuer et discréditer tour à tour les forces
en puissances. Pour la musique, c'est du queensrÿche
sous cellophane, musique et arrangements très travaillé
(même si le son fait aujourd'hui trop 80) et sophistiqué.
Du pur bonheur pour ceux qui aime quand cela bouge, avec des
rythmes finement étudiés et que cela raconte
une histoire.
1989
FAITH NO MORE - The real world
underwater love
L'un des 2 albums majeurs de la fusion.
L'alchemie parfaite du funk, heavy metal le tout agrémenté
de touches rap, pop, mosh voir plus encore. L'univers musical
de Faith No More est trop vaste pour être accouché
sur la papier.Un must pour ceux qui aime la musique avec des
morceaux de rock dedans.