Le Livre Sans Nom

Je me suis laissé tenté par ce curieux "livre sans nom", qui a fait d'abord le buzz sur le net, avant de devenir un succès littéraire. Toutefois, le bouche à oreille (ou le clic de souris) n'est pas forcément signe de qualité.
En effet, au cinema, une oeuvre comme celle-ci mériterait son titre de "Nanar" en lettre d'or sur Beauffywood Boulevard.

Le livre sans nom

Résumé:
A Santa Mondega, une ville d'Amérique du Sud oubliée du reste du monde et connue des habitants pour être la ville la plus dangereuse du monde, le massacre du "Bourbon kid" au bar "Le Tapioca" fait toujours débat, 5 ans après.
Alors qu'une jeune femme se réveille de 5 années de coma après ce fameux massacre, un inspecteur très particulier débarque à Santa Mondega, suivi de près par 2 moines, spécialiste en Arts Martiaux, venus récupérer la fameuse pierre magique l'"œil de la Lune", censée apporter invulnérabilité à celui qui la porte, qu'un chasseur de primes à voler.
Pour Sanchez, le barman du Tapioca, cela n'augure rien de bon, surtout avec la prochaine éclipse solaire; catalyseur de malheurs dans cette ville oubliée du monde.

Ma note: ma note

Ma critique:
Cela fait longtemps que je n'avais pas lu un tel navet, un navet qui fait certes passer du bon temps, mais un navet quand même. Au cinéma, il aurait son titre de "Nanar" en lettre d'or sur Beauffywood Boulevard. Cela a le goût du Western Spaghetti mais c'est en fait Polar Burger à bouffer vite fait, et à recracher aussitôt.
Même si c'est du fantastique, c'est narré de manière totalement simpliste et sans once de crédibilité. A part le premier chapitre, relativement soigné racontant l'atmosphère chaude et dangereuse du Tapioca Bar, le reste est du remplissage d'action écrit par un ado sous amphétamines un peu trop marqué par quelques classiques du cinéma des années 90.

En dehors des références cinématographiques clairement citées ("se7en"; "Pulp Fiction", "Kill Bill", "The Ring", "Karate Kids", "Destination: Graceland" et quelques autres), le livre base sa trame sur 5 films: "Desperado" & "Une nuit en enfer" de Robert Rodriguez pour le lieu et les méchants "pas très humains", "True Romance" pour le couple de jeune tourtereaux pris dans la tourmente, "The ring" pour la cassette maudite; et enfin, "Vampires" de John Carpenter pour l'intrigue final et l'aspect chasseur de prime. J'oublie certainement 2 ou 3 autres références cinématographiques (tous les Tarantino, comparse de Rodriguez). En tous les cas, ce livre rend hommage aux films de série B que Tarantino et de Rodriguez adorent; l'important pour l'auteur n'est pas le style et la crédibilité des personnages: mais l'action pur et l'apparence superficielle de ce qu'est un méchant.

Pas besoin de le prouver, donc; et à la différence d'un film, c'est peu crédible et totalement infantile. A part avoir une voix rocailleuse et leur légende derrière eux, ces méchants sont à peine crédibles. On n'y croit pas une seconde. Il faut dire que le style de l'auteur est d'une rare pauvreté, ainsi qu'un vocabulaire très limité et n'a aucune imagination dans la description; ni même la crédibilité de certains faits (un coma de 5 ans sans intraveineuse...).
On sent que l'auteur est bien jeune, qu'il n'a aucune expérience de la vie et narre son délire comme s'il se faisait un trip. Un trip sous acide qui lui a quand même donné de bonnes idées le dénouement final, qui au final rattrape ce massacre littéraire...

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