Irvine WELSH - Ecstasy

Ecstasy Cela fait plus d'une bonne demi-douzaine d'années que je n'avais pas lu un livre d'Irvine WELSH, époque où j'avais lu dans la foulée les délirants 'Trainspotting" et sa suite 'Porno'. Et en retrouvant le livre planqué dans mon étagère, je me suis donc laissé tenter par cette série de nouvelles stupéfiantes, comme leurs noms l'indiquent.

Résumé:
Quel point en commun entre la reine des romans à l'eau-de-rose et un animateur de télé locale nécrophile? Celui entre une fille sans bras, un hooligan et un cadre supérieur d'une multinationale? Et enfin, entre un trentenaire ne vivant que pour les week-ends et une femme voulant changer de vie?
Et bien, c'est qu'il s'agit de trois romances, sous l'emprise de l'Ectasy, en version Trash, comme c'est si bien le faire Irvine Welsh.

Ma note: ma note

Remarque: lu en anglais, écossais et cockney!

Ma critique:
C'est toujours difficile de donner son opinion sur des série de nouvelles car le sujet et les styles diffèrent. Même si là, le théme commun est la consommation d'Ecsatsy et des ses conséquences, les 3 sont radicalement différentes et inégales; et vont de mal en pis.

La toute première histoire est de loin ma préférée, et la plus outrancière. C'est un véritable délire, grossier et choquant, que Chuck Palahniuk ne renierait pas. Nous avons donc d'un côté une romancière (obèse) à l'eau de rose, et de l'autre une infirmière n'aimant pas les hommes. Au milieu, le mari de la romancière qui passe son temps à liquider en jeux de hasard et en putes la fortune de sa femme; et un animateur de télé locale nécrophile, qui a ses entrées à la morgue de l'Hôpital.
Irvine WELSH s'amuse de ses personnages et explorent un style qu'on ne lui connaissait pas en nous dévoilant quelques extraits (avec un style très proche de celui de Jane Austen) de la romancière. Le final est à mourir de rire et le style est le plus proche de 'Porno'.

La deuxième nouvelle nous narre l'histoire d'un jeune hooligan, passant sa vie à chercher la bagarre et prendre de l'Ecstasy. En parallèle à sa vie de débauche, on suit l'histoire d'un riche homme d'affaires, qui noie un passé scrupuleux, et une jeune fille née sans bras. Les 3 personnages sont liés, et la jeune fille, reine de la fellation, saura manipuler son homme pour arriver à sa terrible vengeance.
Œuvre un peu plus politique, la nouvelle met un peu de temps à démarrer, même si on comprend de suite la nature de l'intrigue et le dénouement final.

La troisième histoire est la moins convaincante, racontant l'histoire d'un jeune trentenaire ne vivant que pour la défonce du Samedi soir; et la vie d'une femme se sentant piégée dans sa relation conjugale. Les deux se retrouvent à la fin mais cette nouvelle est relativement plate, car sans aucune intrigue. La seule narration intéressante est celle de savoir si Heather va quitter son mari ou non; la vie de Lloyd est faite d’expédients et de petites défonces qu'on a parfois mal à suivre.
Il faut dire, surtout pour ceux qui n'ont jamais lu d'Irvine WELSH, que son style est basé sur le phonétique régional. Un peu comme dans les livres de Chuck Palahniuk, les personnages d'Irvine Welsh ont des tics de langages très marquées, et surtout un accent à couper au couteau! Il faut presque lire à haute voix pour comprendre certaines phrases. Et les répliques du jeune Lloyd sont presque incompréhensibles, surtout lorsqu'il est sous influence.

D'une point de vue général, cette série de nouvelles est très amusante, et nous fait découvrir la jeunesse anglaise sous un prisme assez édifiant. La chose la plus drôle est que l'auteur a réussi à écrire avec plusieurs accents: écossais, cockney et londonien. Et c'est une joli bravoure d'écrivain.

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