La planète King Crimson toujours en activité

Pour conclure cette semaine de rock désuet (Après Yes et Journey), je vous invite à rentrer dans l'univers de King Crimson, avec d'une part, la sortie d'un des "sides-projecKt" de Robert FRIPP avec un de ses anciens acolytes: le merveilleux saxophoniste Mel Collins; et d'autre part, la sortie du nouvel album de John WETTON, l'ancien bassiste et chanteur du Roi Pourpre dans les années 70.

A Scarcity of Miracles

A Scarcity Of MiraclesJAKSZYK, FRIPP & COLLINS (a King Crimson ProjeKct) - A Scarcity Of Miracles ma note

Voici un étrange side-project de King Crimson avec en tête Robert FRIPP, qui nous offre des petites ballades tranquilles avec un ancien comparse, le célèbre saxophoniste Mel Collins. Pour les accompagner, ils ont fait appel, un peu comme le groupe YES ou JOURNEY, à un guitariste/chanteur fan de King Crimson, ayant été membre du groupe revival "21st Century Schizoid Band" avec quelques anciens membres du roi pourpre, dont Mel Collins justement.

Comme on peut s'y attendre, ce ProjecKt est plutôt calme, voire carrément calme même, car vous n'aurez pas un final de saxo comme Mel Collins nous l'offrait sur l'album "Red" du Roi Pourpre, avec les mythiques morceaux "One more Red Nightmare" et "Starless", deux des solos de saxos les plus puissants que je connaisse.
Revenons au présent et ce splendide album où Mel Collins nous dévoile une fois de plus son immense talent. Ses interventions sont tout simplement magiques: ce ne sont pas des solos placés ici et là mais des passages furtifs qui viennent saupoudrer de petits joyaux les frippertronics de Robert Fripp. Tous ceux qui adorent le saxo doivent absolument jeter une oreille à cet album.

On regrettera que l'album soit si mélancolique et apathique, malgré la beauté des interventions de Mel Collins. Il faut dire que je n'accroche pas trop avec la voix de Jakko JAKSZYK qui me rappelle trop celle de David Sylvian jeune (période Japan) ou du moins, d'une voix trop typée "années 80" rendant le son de cet album désuet. On pourrait finir par croire que cette "pénurie de miracles" ressemble par moment à un mix de "It's probably me" de Sting & Eric Clapton (B.O. de l'Arme Fatale 3) et de l'album "The First Day" de Sylvian&Fripp, avec quelques insertions jazzy à la Ornette Coleman (voir B.O. de The Naked Lunch de David Cronenberg).
La rythmique de Tony Levin et de Gavin Harrison (le batteur de Porcupine Tree) joue également sur la corde sensible mais reste trop en arrière. Seuls les morceaux "The Price We pay" et "The Other Man" développent un rythme intéressant, et conduit comme il devrait ce quintet atypique, digne du roi pourpre.

Pour conclure, ce "side-project" mélancolique reste quand même de loin le plus abouti des projecKts de Robert FRIPP à ce jour (ce ne sont pas des impros, CQFD). C'est un album qui ouvre de nombreuses possibilités et mériterait une approche plus technique.

La track-list

  1. A Scarcity Of Miracles (7.27)
  2. The Price We Pay (4.49)
  3. Secrets (7.48)
  4. This House (8.37)
  5. The Other Man (5.59)
  6. The Light Of Day (9.02)

Quelques liens:


John WETTON (Raised in captivity)John WETTON - Raised in captivity ma note

C'est également le même distributeur (italien) de YES et de JOURNEY qui nous livre ce nouveau CD de John Wetton, qui a collaboré avec l'enfant terrible du prog US: Billy Sherwood.
Cela pourrait faire peur (le duo Chris Squire/ Sherwood n'a abouti que sur des navets) mais au final le résultat est plus que satisfaisant.
Il faut dire que John Wetton a invité du beau monde en guests (avec lesquels il a souvent joué). D'une part son ami Robert Fripp (pour s'assurer un nombre minime de ventes), mais d'autres pointures qui font rêver: Steve Hackett(genesis), Steve Morse (Deep Purple), Eddie Jobson (UK), Geoff Downes (ASIA), Tony Kaye (YES), Mick Box (Uriah Heep),et un splendide duo avec Anneke Van Giersbergen (The gathering).

John Wetton fait dans le classique et augmente un peu la cadence. Cet album est dans la lignée de "Battlelines" (son meilleur album solo) en un peu plus mélodique Rock que West-Coast, et quelques incursions progressives, du fait de la patte de Billy Sherwood et ses prestigieux invités.
Même si c'est un album qui ravira plus le public US, cet album est de bonne facture, mais comme pour le dernier YES, voire le dernier JOURNEY, cet album s'inscrit également dans un rock passéiste, assez désuet, qui charmera donc tous les vieux de la vieille; et je dois vous l'avouer: je crois que j'en fait finalement parti.

La track-list

  1. Lost For Words
  2. Raised In Captivity
  3. Goodbye Elsinore
  4. The Last Night Of My Life
  5. We Stay Together
  6. The Human Condition
  7. Steffi’s Ring
  8. The Devil And The Opera House
  9. New Star Rising
  10. Don’t Misunderstand Me
  11. Mighty Rivers (avec Anneke Van Giersbergen)

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