Ce polar démarre fort avec cet étrange crime: un cadavre étêté de cheval dépecé en haut d'une falaise. Quels sont les assassins? Quel est leur motif? Et pourquoi cette mise en scène des plus macabres porte les traces de l'un des tueurs psychopathes du lugubre institut psychiatrique Wargnier, où jeune psychiatre Diane Berg vient de prendre ses fonctions.
Avec un tel début, on a l'eau à la bouche, et l'auteur s'inspire par cette introduction de 2 polars majeurs: les rivières pourpres et le silence des agneaux; avec l'ombre d'un tueur redoutable, fin psychologue, mais surtout détenteur des clés de l'énigme.

La ressemblance s'arrêtent toutefois là. Bernard Minier, pour son premier roman, trace sa voie dans son propre univers, et les ressemblances sont trompeuses. Son héros, le commandant Servaz va de surprises en surprises, avec quelques fausses pistes bien vues, et surtout une pelote d'intrigues qui se défilent difficilement (pour notre plus grand bonheur).
L'un des forces de son livre est également la richesse des personnages principaux et secondaires. Le rôle du décor (une vallée isolée des Pyrénées) y joue également pour beaucoup, et instille un climat de frissons glacées. Dans ce sombre univers, le commandant rassemble les puzzle, découvre peu à peu le dessin général mais ne met aucun visage sur le tueur. Il faudra attendre le 30 dernières pages pour comprendre enfin l'énigme du crime du cheval, et donc de l'assassin principal.

Bernard Minier conclue par une fin des plus pratiques, certes un peu rapide, mais ne gâchant pas le sentiment général sur ce livre. Il ouvre par ailleurs la voie vers son personnage tueur, le terrible Julien Hirtmann, et bien sûr, sur son héros: le commandant Servaz, que l'on retrouve dans son second roman: "le cercle".

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