Homo-Deus de Yuval Noah Harari

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Voici le livre intello à lire: Homo-Deus de Yuval Noah Harari pour tenter de comprendre les récentes et futures mutations de l'humanité.

Résumé:
En examinant les grands mouvements de l'évolution de l'humanité depuis la préhistoire et fort des dernières découvertes de la biologie de la technologie informatique et des sciences sociales, Yuval Noah Harari nous interroge sur l'avenir de l'homme. Qu'allons-nous devenir?
Partant du constat que l'humanité a vaincu ses grands fléaux: à savoir les famines, les épidémies et les guerres de masse, nous entrons dans une nouvelle ère où il nous est enfin possible d'aspirer à de nouveaux idéaux: devenir immortel et donc quelque part devenir Dieu. Et cette utopie démiurgique a pourtant de quoi devenir réel, tant la croissance exponentielle de nos savoirs. Aidé et supporté par les algorithmes et la biotechnologie, l'auteur nous donne un aperçu sur les rêves et cauchemars que nous sommes en train de forger.

Ma note: ma note
Ma critique:

Avant toute chose, je vous informe que je n'ai pas lu le premier livre de Yuval Noah Harari malgré tout le buzz qui a été fait sur sa "brève histoire de l’humanité" et je ne le lirai sans doute pas. Pourquoi? Et bien parce que revenir à son premier livre serait sans doute une perte de temps, et ceux qui ont lu son premier essai ont certainement dû trouver certains passages répétitifs dans ce nouvel essai. En effet, ce "Homo-Deus" se base sur ce que nous (l'humanité) sommes, et donc sur comment nous le sommes devenus, pour nous indiquer vers là où nous allons.

Cette projection dans ce que nous pourrions devenir est passionnante. Yuval a un véritable don d'expliquer et de vulgariser des thèmes philosophiques et techniques, sans nous perdre et sans trop porter de jugement. Il brasse tant d'idées intéressantes que j'aimerais maitriser tous ces différents sujets pour en discuter plus longuement entre amis, collègues ou détracteurs. Chaque chapitre mériterait son débat et l'auteur nous offre à chaque fois une synthèse relativement objective. Même si on ressent sa méprise pour la religion et pour la sur-exploitation de nos resources (et de nous-même), ils tombent très rarement dans un sophisme éhonté (un cheval borgne est rare, et donc cher) ni dans la mise en exergue de nos peurs, comme pourrait le faire certains.

Ce que j'ai tout particulièrement apprécié dans ce livre, et ce qu'aucun professeur de philo, traité ou essai ne m'avait aussi clairement expliqué: la réalité intersubjective. C'est bel et bien ce concept qui nous distingue des animaux. Les animaux ont les même sens que nous, les 6 sens basiques (vue, odorat, ouïe, etc.) et ces qualités que l'on croit liée à notre âme: la compassion, la soif d'apprendre, la méfiance, etc. L'auteur explique tout simplement que l'humain a su développer, partager et batir des civilisations sur des concepts, des idées, qui ne se matérialisent pas. Un morceau de papier sur lequel il est écrit 50€ restera toujours un morceau de papier pour un animal; alors que pour nous, ce papier est un billet, ayant une véritable valeur et nous permettant d'acheter des choses radicalement différentes. La création de ces entités intersubjectives, comme l'argent, les dieux, les nations, les entreprises, la morale, les lois; ce sont des fictions qui nout élevés au-dessus du règne animal et nous ont permis d'affirmer ce supplément d'âme, et donc notre supériorité.
Et maintenant que chaque jour la science efface le mensonge de nos religions ou de nos fausses croyances, le pouvoir de cette réalité intersubjective atteint un nouveau stade (même si certains doutent toujours que la terre soit sphérique). La biotechnologie et les ordinateurs nous permettent d'aller au-delà de tout ce que nous pouvions guère imaginer il y a de cela à peine 40 ans.
Avec des analyses riches en exemple et associées comme il faut à des faits historiques et scientifiques, les prédictions de l'auteur nous posent surtout des dilemnes vers lesquels nous allons entrer en conflits, et qui sera difficile de maitriser du fait que possibilités s'offrent au plus grand nombre, certes aux plus riches, et qui peuvent agir en secret, en dehors des cadres légaux et éthiques.

Pour conclure, même si l'avenir que l'auteur nous dépeint est parfois un peu caricatural; son propos est clairement de nous faire comprendre des risques de cette accélération non maitrisée dans tous les domaines technologiques et sociaux, nous faisant facilement perdre pied entre le réel, le possible et le fictif.

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