BOSCH - la série Télé

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Grand fan des polars de Michael Connelly, je me suis toujours demandé qui pourrait incarner le fameux détective Hieronymus "Harry" Bosch à l'écran: entre un profil à la Stacy Keach ou à la Pacino, le doute m'habitait. C'est finalement Titus Welliver, avec sa gueule à la fois plaisante et antipathique qui incarne le fameux flic de Los Angeles.

La série est sous la supervision de Michael Connelly lui-même et ainsi que sous la houlette d'Eric Overmyer, à qui on doit l'un des meilleurs séries sur les flics: "The Wire". Deux signes de qualité qui ne trompent pas.
Bref, une série basée sur un adaptation que l'auteur ne peut récuser, et que les fans ne peuvent qu'adorer!

Cela fait 20 ans que je dévore les polars de Michael Connelly. "The Poet" reste ma référence comme l'un des meilleurs polars de tous les temps (adaptation qui se fait toujours désirée); Harry Bosch est quant à lui mon détective préféré. J'aime beaucoup le choix de Titus Welliver, car il a une gueule: aussi plaisant qu'antipathique. Il reflête en ce sens parfaitement la caractère déchiré de Hieronymus Bosch.
La série dévoile parfaitement la psychologie complexe du détective: son passé terne et troublé avec son enfance d'orphelin dans un institut difficile suite à l'assassinat de sa mère prostituée, son passé de vétéran (qui est ici la première guerre d'Irak et premier corps des marines débarqués en Afhganistan après le 11 septembre; et non le vietnam) et sa difficulté de communiquer avec ses supérieurs. Le personnage de Bosch porte le fardeau de ce lourd passé qui continue de le marquer et de montrer cette dureté et violence sous-jacente, faisant de lui un flic dur redouté mais également apprécié pour son intégrité et professionnalisme.

Le fait que Michael Connelly participe à l'écriture de la série est bien sûr une marque de qualité. L'une des force de cette adaptation est qu'une saison (ou quelques épisodes) ne reprennent pas de A à Z l'un des romans. Chaque saison est un mélange de 2 romans, avec un saupoudrage de nouvelles petites intrigues et en filigrane l'enquête sur l'assassinat de sa mère 40 ans plus tôt (The Last Coyote).
On retrouve donc bien l'intégrité du flic, sa méfiance envers ses supérieurs, mais également son aspect de "sale" flic, qui à la limite de la procédure (la première saison laisse d'ailleurs bien le doute sur le procès qu'on lui fait. A-t-il tiré délibéremment ou pour se défendre?). Enfin, la série montre également les travers de la justice américaine avec ce mélange dangeureux où justice, police et politique sont intimement liés et les médias qui viennent amplifier ces liaisons dangeureueses (pour rappel, le procureur général, qui a un rôle de magistrat général, est élu par les citoyens).

La série offre ainsi une certaine complexité (toute relative) avec tous ces personnages recurrents et tous ces aspects procéduriers et politiques qui viennent brouiller le fil des enquêtes. Chaque saison alourdie le passif de Bosch mais nous le fait autant apprécier. La troisième saison est une véritable réussite et vivement la prochaine.

Saison 1:

  • Références: basée sur The Concrete Blonde, Echo Park et City of Bones (La blonde en béton; Echo Park & Wonderland Avenue)
  • Synopsis: La première saison s'appuie essentiellement sur 2 livres: d'un côté Echo Park avec la poursuite du Serial Killer Reynard Waits; et de l'autre la quête du pédophile tueur d'enfant fugueur. La série commence toutefois avec l'intrigue politique largement dénoncée dans "The Concrete Blonde" pour la lutte de pouvoir au sein de la tête de la police et de la magistrature locale, sans oublier son passé mouvementé face à son précédent chef (balancé au travers de la vitre de son bureau) et surtout le procès mené par la veuve du serial-killer pour dénoncer Harry Bosch comme un flic à la gachette facile, ayant tué de sang froid un coupable, et en ayant mis après coup, selon l'accusation, une arme entre les mains de la victime pour justifier son tir meurtrier.
  • Avis: La force de cette saison est de bien méler ces 3 aspects: 2 enquêtes en parallèle, une incompatibilité d'humeur face au pouvoir politique et enfin cette image de sale flic qui lui colle à la peau. Une adaptation qui colle bien (voire un peu trop) à la peau du détective, qui ne vend pas Bosch aux impératifs des séries TV.

Saison 2:

  • Références: Trunk Music, The Drop, The Last Coyote (Le cadavre dans la Rolls; Le dernier coyote)
  • Synopsis: La deuxième saison est principalement basée sur Trunk Music, avec la mort du magnat du porno et de sa riche veuve manipulatrice, et partiellement The Last Coyote, qui raconte l'enquête sur le meurtre de sa mère, que la fin de la première saison avait laissé deviné. Ce qui change vraiment dans cette saison est l'image redoré du chef de la Police Irvin Irving, plus intègre qu'il n'y parait dans les livres, et surtout une adaptation revue et corrigée de The Drop. On découvre l'histoire du fils du Chef Irving ainsi qu'une relation plus complexe entre Irving et Bosch.
    Enfin, cette saison met plus en avant la fille de Bosch, venant vivre chez lui.
  • Avis: A part l'intrigue de Trunk Music, parfaitement adaptée, la trame de la saison se démarque des différents romans avec cette incursion dans la vie du fils du Chef Irving. Le personnage de Bosch s'étoffe ainsi que ceux qui l'entourent, dont l'importance de la fille dans la vie du détective. Une saison qui renforce ses bases et qui ne part pas dans l'esbrouffe.

Saison 3:

  • Références: basée sur A Darkness More Than Night, The Last Coyote, (L'oiseau des ténèbres; Le dernier coyote)
  • Synopsis: La troisième saison se base surtout sur "A Darkness More Than Night" avec le complot contre Bosch pour faire croire qu'il est coupable d'un meurtre. L'enquête sur sa mère continue en filigrane et semble bien l'intrigue qui va durer sur toutes les prochaines saisons. Une tierce enquête poursuit la trace d'anciens Marines ayant tué un ancien de leur collègue. Enfin, un tueur à bicyclette fait son apparition et tourne de plus en plus autour de Bosch...
  • Avis: de loin ma saison préférée! L'adaptation du complot contre Bosch pour le compromettre est parfaitement menée, et je pense même qu'elle est bien mieux que dans le livre. L'enquête exclusive (non narrée dans l'un des romans) sur les Marines corrompus est un peu superficielle mais a le don de travailler en profondeur les failles du passé de Bosch au travers des victimes et assassins: un ancien marine qui n'a pas su se réinsérer, une jeune fugueur, des marines se sentant au-dessus de la loi et un collègue (Jimmy Robertson) aussi antipathique et intègre que Bosch qui veut se le faire. Bref, une super saison! Vivement la suite!

La distribution:

  • Acteurs principaux et récurrents
    • Titus Welliver - Harry Bosch
    • Jamie Hector - Jerry Edgar (le coéquipier d'Harry)
    • Amy Aquino - Lieutenant Grace Billet, la chef de Bosch
    • Lance Reddick - Chef Irvin Irving, le patron de la police de Los Angeles
    • Sarah Clarke - Eleanor Wish (l'ex-femme de Bosch, professionnelle au Poker et ancienne profileuse au FBI)
    • Madison Lintz - Maddie (la fille d'Harry et d'Eleanor)
    • Steven Culp - Richard « Rick » O'Shea (le Procureur général)
  • Personnages secondaires
    • Annie Wersching - officier Julia Brasher (la petite amie de la saison 1, ayant la gachette un peu facile)
    • Jason Gedrick - Raynard Waits (le serial-killer de la saison 1)
    • Jeri Ryan - Veronica Allen (la veuve du pornographe, saison 2 et début saison 3)
    • Brent Sexton - Carl Nash (le tenancier du strip-club de Trunk Music)
    • Paul Calderon - Détective Jimmy Santiago Robertson (qui enquête sur le coup monté contre Bosch)
    • Jeffrey Pierce - Trevor Dobbs, le chef des Marines (saison 3)
    • Mimi Rogers - Honey Chandler (avocate (saision 1 et 3), petite amie de Bosch dans la saison 3 et fille d'un ancien procureur général...)
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