LAZULI - Tant que l'herbe est grasse

Tant que l'herbe est grasseLazuli - Tant que l'herbe est grasse ma note

Voici le tout dernier album de mes petits chouchous de Lazuli, ces gardois qui osent mêler le rock progressif à la variété.
Et une fois de plus, c'est un splendide voyage poétique à laquelle les frères Leonetti nous convient. Et notez surtout la participation de mon idole de toujours: FISH, l'ancien chanteur de Marillion.

Depuis leur tout début, Lazuli fait du rock éclectique, aux croisées d'une pop "Peter Gabrielesque", d'un rock-prog sophistiqué et de la simplicité de mélodies très françaises, très "variétés". Et avec ce nouvel album, on peut qualifier Lazuli comme les maitre d'un nouveau style: la "variété progressive".
Et au-delà de cette musique à fois simple et sophistiqué, il y a les textes de Dominique Léonetti, à la fois poétique, décalé et tellement d'actualité. Ses textes font mouches et nous poussent à la réflexion sur nos actes sans lendemains et ce monde que nous laissons courir à sa perte. Il suffit d'écouter les paroles "Prisonnière d'une cellule mâle" sur la condition féminine dans les pays musulmans pour comprendre que Dominique est l'un des meilleurs paroliers français du moment.

Par rapport aux précédents albums, "Tant que l'herbe est grasse" nous offre une cohérence que le groupe n'avait jamais pu atteindre. Il faut avouer, que jusqu'ici, ils avaient tant à découvrir (et tant à prouver) qu'ils ménageaient la chèvre et le chou: il y avait toujours un titre pour satisfaire le métalleux en moi, et un autre pour combler ma soif de poésie et simplicité.
De plus, chaque précédent album était l'occasion de découvrir les possibilités de cet instrument unique que Lazuli exploite: la Léode. Cette guitare/scie musicale du XXIème siècle, inventée par le frère guitariste du chanteur, paralysé d'un bras, qui nous dévoilent des sons pouvant être à la fois furieux et lancinants. On pourrait comparer la Léode à la lumière d'un phare dans une nuit noire: elle est tranchante et captivante, nous dévoilant durant quelques instants des nouveaux univers musicaux sur lesquelles nous aimerions tant pouvoir se poser plus longtemps, mais dans l'instant d'après, tout autant émerveillé de découvrir de nouveaux univers.

Cette fois-ci donc, Lazuli semble avoir fini son tour d'horizon et nous offre une revue complète de leurs expériences, et ce manière très cohérente. Chaque morceau a son empreinte lazulienne sans être dans le cliché (de leurs styles iconoclastes). Sur cette herbe grasse, on s'allonge avec bonheur dans leur pré carré sans sauter par dessus des moutons, à la chevelure plus ou moins tondue (selon le style musical que vous appréciez le plus).
L'album monte en puissance au fil des chansons, avec tout d'abord cette "multicolère", paradoxalement le seul morceau rock à la structure facile. Juste après on découvre ce joyau: "J'ai trouvé ta faille", qui nous dévoile dans sa deuxième partie le chant grave et mystique de FISH, l'ancien chanteur de Marillion. Quel régal!
Lazuli finit en beauté, avec des interventions plus tranchées de la Léode, nous propulsant ainsi dans des courants ascendants, qui vous mèneront jusqu'à Cassiopée, ailleurs (Higher?!?) et plus haut encore.
Une réussite, tout simplement.

La track-list

  1. Déraille
  2. Une pente qu'on dévale
  3. Homo sapiens
  4. Prisonnière d'une cellule mâle
  5. Tristes moitiés
  6. L'essence des odyssées
  7. Multicolère
  8. J'ai trouvé ta faille
  9. Les courants ascendants

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