Damned de Chuck PALAHNIUK

Damned de Chuck PalahniukVoici le dernier livre de Chuck Palahniuk qui vous fera rire de la mort, et surtout du Diable et de son enfer infesté par les déjonctions humaines.

Résumé:
Madison est morte à treize ans, des suites d'une curieuse overdose de marijuana. Madison était la fille d'un couple de stars mondiales du cinéma, et malgré son statut et son innocence candide, elle se retrouve en enfer, comme d'ailleurs la grande majorité de la race humaine. Morte avant d’avoir appris la vie, elle décide par défaut d’apprendre la mort. Elle se lie rapidement d’amitié avec une clique d’adolescents tout droits sortis de Breakfast Club (la princesse, le punk, le geek et le sportif) et entreprend d’arpenter les enfers.

Ma note: ma note

Remarque: lu en anglais

Ma critique:

Chuck Palahniuk entame avec son "Damned" une trilogie littéraire sur l'enfer, le purgatoire et le paradis, un peu à la manière de la Divine Comédie de Dante.
Dans ce premier livre, on découvre Madison, jeune obèse, fille d'un couple de superstars (genre Brad Pitt & Angelina Jolie), qui vient de mourir dans ces circonstances étranges et qui parcourt les enfers à la recherche des causes de sa mort (elle ne se souvient que d'une overdose de Marijuana) et en quête de Satan, pour lui exprimer son mécontentement. Au travers de ce périple infernal, la jeune Madison nous narre ce que fût les grands moments de sa vie, susceptibles de l'avoir mené si bas.

Alors que l'on pourrait croire que l'auteur parte dans ses délires de construction narratifs alambiquées, comme il a pu le faire dernièrement avec "Peste" ou "Pygmy" ou comme dans ses premiers romans, ce "Damned" a une structure et un style des plus conventionnels. Pour chaque chapitre, un entête résume le chapitre "Hello cher Satan, es-tu là, c'est encore Madison..." (parodiant ainsi le style de Judy Blume et ses fameux "Are You There God? It's Me, Margaret."). En fait, l'auteur se met à la place de la petite Madison, avec quelques rares tics de langages de jeunes, et surtout une description naïve de l'univers dans laquelle elle est. C'est donc un style gentillet, fort plaisant et les horreurs des enfers passent facilement; sauf si vous êtes sensibles aux odeurs. Le délire visuel auquel nous convie Chuck Palahniuk est qu'il est jonché des excréments et déjections des humains.
L'enfer de Madison ressemble aux peintures de Hyeronimus Bosch, à savoir un style scriptural assez enfantin avec quelques horreurs (démons démembrant à tour de bras tous ceux qui passent sous leur griffes; et/ou humains qui se reconstruisent peu à peu). L'univers est surtout odorifère, avec le lac Merde, l'océan du sperme gaspillé, océan en pleine expansion avec la démocratisation de la pornographie sur le Web. Il y a quelques gags amusants (genre les spammeurs téléphoniques qui vous appellent lors de vos diners sont en fait les damnés de l'enfer; tout comme les pauvres âmes qui s'exhibent dans les webcam pornos bas de gamme) mais cet univers manque finalement de croustillant ou de détails horripilants comme sait seul Chuck Palahniuk le décrire.
Cet épopée basé sur le revival d'un Breakfast club de l'enfer reste un peu trop simpliste à mon goût. Chuck Palahniuk manque de férocité et reste trop complaisant. Même si son enfer est une attaque frontale aux créationnistes américain, il apporte l'eau au moulin de ses hérétiques de Dieu.

Au final, c'est une œuvre trop gentille, trop passe-partout, trop consensuelle. Il faudra attendre la suite avec le parcours de la petite Madison dans le purgatoire et le paradis pour savoir si finalement, son œuvre est aussi corrosive que ses plus grands écrits.

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