Ihshan - Eremita

EremitaIHSHAN - Er-e-mi-ta

Voici le dernier album d'un des rois scandinaves du Black-Métal: "Eremita".

Attendez-vous à aller au-delà d'un enfer musical, sombre et captivant. Je pense même que vous allez vous surprendre à aimer cette musique sombre, destructrice et paradoxalement salvatrice.
Cet album devrait certainement concourir à l'album métal de l'année.
A une voix près, j'en suis convaincu.

Ex-leader du groupe Emperor, groupe Black-Métal ayant sévi en Norvège dans les années 90, Vegard Sverre Tveitan, de son nom de scène, Ihshan, n'a cessé d'explorer et de méler le métal à d'autres sonorités.
Musicien touche-à-tout (il joue pratiquement de tous les instruments sur cet album), la musique d'Ihshan se caractérise par un métal violent laissant la place à des voix claires (en plus celles du Black) et des breaks ambients et électro.
On pourrait qualifier cela de Black Metal progressif, même si cela va au-delà, car ses incursions dans d'autres styles sont plus des fusions de genres, voire même une appropriation par la force de ces genres nouveaux

Ihshan se place à mi-chemin entre les premiers Opeth et Devin Townsend (qui intervient d'ailleurs sur un titre): c'est parfois violent, totalement black/death métal mais c'est d'abord une musique sombre et martiale, laissant place à de splendides moments suspendus dans les airs. Ihshan maitrise parfaitement l'alliage de la violence et de la volupté. Le seul et énorme reproche que l'on peut faire à cet album est la voix blackmétal qu'Ihshan utilise en contrepoint au chant calme et puissant. Il abuse de sa voix guttural sèche et hurlante, que son chant en devient même caricatural.
Mais il y a cette ambiance, cette maitrise du métal et ces breaks magistraux avec des riffs lourds ou des claviers martiaux, qui vous permet de reprendre l'air, sur lesquels un chant puissant et salvateur vous apporte l'oxygène qui vous manquait. Dommage que sa voix d'outre-tombe met à mal nos oreilles, mais putain qu'Ihshan maitrise son art. Tel le philosophe (c'est d'ailleurs Nieztsche que l'on voit sur la pochette), on sent que le musicien a fait sa propre maïeutique pour reconstruire sa musique, ses musiques et nous livrer un joyau à l'état brut, avec de multiples facettes; et qui permet à chaque écoute de découvrir de nouveaux horizons.
Oeuvre schizophrénique où on saute d'une voix à l'autre (par le même chanteur!), Eremita est une oeuvre sonore finalement plus complexe qu'il n'y parait, qui nécessite plusieurs écoutes ainsi que l'apprentissage de cette insupportable voix Black-Métal.
Une fois que vous aurez franchit ce rubicon, ce n'est pas l'enfer qui vous attend, mais bel et bien le paradis. Mais un paradis dévasté, en ruine, à reconstruire.
Vivement le prochain album!


La track-list:

  1. Arrival - 5:40
  2. The Paranoid - 4:43
  3. Introspection - 5:37
  4. The Eagle and the Snake - 8:47
  5. Catharsis - 4:50
  6. Something Out There - 5:09
  7. Grief - 2:21
  8. The Grave - 8:18
  9. Departure - 7:07

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