Michael CONNELLY - The Drop

The Drop Harry Bosch est de retour avec ce splendide polar où les apparences (et même les preuves) sont trompeuses.

Résumé:
Harry Bosch est toujours au département des affaires non résolus (cold-case ou OpenUnsolved) et il se voit confier une étrange affaire datant des années 80 où un échantillon de sang prélevé sur la victime vient d'être passé à l'analyse ADN. L'analyse lie ce sang à un prédateur sexuel qui vient juste de sortir de prison. L'ennui, c'est que ce coupable 'tout désigné' avait 8 ans à l'époque.
Y'a-t-il bavure du labo ou de son service, où bien la vérité est plus complexe et sombre que cela?

Le même jour, Harry se voit confier l'enquête d'un étrange suicide: celui du fils de son ancien patron: Irvin Irving. Harry ne comprend pas trop pourquoi il est jeté tel un chien dans ce jeu de quilles, vu que les 2 hommes se sont toujours détestés.

Ma note: ma note

Remarque: lu en anglais

Ma Critique:
Michael Connelly est de nouveau en forme et cela fait plaisir de voir qu'il a retrouvé sa plume et son personnage fêtiche: Harry Bosch.
Ce coup-ci, le passé du fameux inspecteur refait surface avec le retour de son ancien chef (détestable) Irvin Irving et nous permet de nous rappeler de bons vieux souvenirs des premiers polars de l'auteur américain.
Avec ce rappel des histoires ancienns, nous sommes bien loin du très mauvais "9 dragons" et c'est tant mieux. L'inspecteur Bosch mène son enquête et cherche s'il y a bel et bien suicide, et les premiers indices lui indique bien que la chute du fils est troublante.

Michael Connelly nous mène par le bout du nez car il nous guide vers plusieurs possibilités sans vraiment donner d'indices probant. D'ailleurs, à la fin, le doute court toujours, car tout n'est pas si limpide dans les affaires du fils (et donc du père).
La deuxième enquête est quant à elle plus décousue, car elle est d'une part mise au second plan, du fait du côté politique de la première. D'autre part, elle est mis en parallèle au béguin de l'inspecteur pour la psychiatre suivant le présumé "coupable de 8 ans". L'inspecteur Bosch est enfin moins intraitable qu'à l'habitude, même si, on le sent toujours intraitable sur certains aspects moraux de la vie de flic.

Au travers de ses 2 enquêtes menées de front, Michael Connelly nous rappelle une fois de plus l'aspect imparfait de la société américaine où justice, police et politique sont intimement liés et que ce mélange fait souvent plus de victimes que le crime lui-même. Il rappelle également de la limite de la science dans les enquêtes: la détection de l'ADN n'est pas forcément signe de culpabilité, avec cette histoire d'un enfant de 8 ans qui aurait témoin d'un meurtre; meurtre qui a dû en cacher quelques autres, passés inaperçus jusqu'ici.
Ceci mène justement à un final assez renversant. Final dont la maison d'édition a vendu la mèche, en dévoilant sur le 4ème de couverture, qu'il y a un sérieux criminel caché derrière cette sombre histoire. C'est un peu dommage, car je ne crois pas que la marque "Harry Bosch" soit en si grande perte de vitesse. D'ailleurs, on ressent que le style de Connelly est plus tranchant et saignant que d'habitude. Par exemple, jusqu'ici il décrivait peu l'état des victimes, il se fait un malin plaisir à nous donner des détails gores et il conclue avec un final haut en couleur, passionnant et, certes, un peu facile, pour un écrivain de cette trempe.

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