Nine dragons de Michael Connelly

Nine dragons de Michael Connelly

Michael Connelly nous livre son deuxième livre de l'année, avec cette fois-ci le retour avec Harry Bosch.
Et attention, comme l'annonce le quatrième de couverture, cette fois-ci, c'est personnel... A croire qu'Harry Bosch est prêt pour incarner Dirty Harry...

Résumé: Harry Bosch doit enquêter dans le South LA sur la mort d'un vieux chinois, tué par balles, tenancier d'un "Liquor Store". Il écarte de suite le cambriolage qui a mal tourné et découvre assez vite que la mafia locale chinoise est caché derrière cette histoire de meurtre. D'ailleurs, il ne sait pas l'influence de celle-ci sur le quartier, et encore moins voire la police. Alors qu'il est prêt à appréhender le principal suspect, le voilà menacé par un étrange coup de fil. Coup de fil très vite suivi par une vidéo présentant sa fille, qui vit actuellement avec sa mère à Hong-Kong, ligotée sur une chaise...

Ma note:

Ma critique:

C'est toujours un plaisir de retrouver l'inspecteur Harry Bosch. Le précédent, "The Overlook" (à genoux), nous laissait présager que cela pouvait être bientôt la fin pour lui, vu qu'il y fût exposé à de fortes de radiations, ayant pu générer un cancer. Mais il n'en est rien. Il en plaisante même au début, voyant que les derniers examens n'ont rien révélés, et que ces radiations ont même dû éradiquer toute tumeur douteuse dans ses poumons encrassés par le tabac. Le voilà donc plus fort que jamais, inaltérable et inébranlable.
Pourtant le début du livre le montre plus ouvert que jamais sur les autres. On le voit faire attention à ses collègues, à les excuser, il éprouve même des remords sur ses dires et faits, parfois un peu abruptes; alors qu'il y a quelques années, il s'en moquait éperdument. Mais c'est un signe trompeur. En effet, dès que la rage de découvrir sa fille kidnappée à l'autre bout du monde, on va découvrir un nouvel homme, instinctif et inarretable.

Jusqu'à cet incident, le livre se déroule comme un bon vieux polar, comme le maitrise si bien Michael Connelly. Par contre, la suite laisse clairement à désirer. Cela s'affole et s'enflamme: il débarque à Hong-Kong, retrouve brièvement son ex-femme et part à la poursuite de sa fille, dans des contrées et une langue quasi-inconnues. Et en un temps record, il la retrouve et bien entendu, il la sauve. Mais c'est de manière la plus abrupte et violente qui soit; laissant pas mal de cadavres derrière lui (pas forcément provoqué par lui, ceci dit).
Mais voilà, son enquête ne tient pas la route, il fonce à l'instinct, on ne peut pas dire qu'il a des pistes solides, il court derrière le seul lièvre qu'il voit, et au miracle, c'est le bon. De plus, il y va, tel un Dirty Harry, prêt à dégainer, à tirer pour ensuite poser ses questions. Bref, on découvre un Harry Bosch qui sort des sentiers battus et qui fait tout, mais vraiment tout, pour sauver sa fille, allant à l'encontre de ses convictions. Il la sauvera, mais à quel prix? Cela, je ne vous le dirai pas.

La fin est nettement plus calme et on retrouve le Harry Bosch que l'on aime, mais bon, ce délire des tribulations d'un cowboy en Chine me laisse perplexe. A quoi bon nous présenter un Harry Bosch invincible et tête de mule, nous laissant l'amère sensation qu'une vingtaine de nouvelles aventures vont suivre, de plus en plus sensationnelles et de moins en moins crédibles.
Je ne pense pas que le portefeuille de Michael Connelly en ait si besoin. Il est certes encore tôt pour le tuer, mais je pense qu'il est bon pour qu'il parte enfin à la retraite...
Bref, "Nine dragons" est une grosse déception, à oublier aussitôt, et ne donne pas envie d'en savoir plus, à moins d'aimer l'inspecteur Navarro.

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