L'étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher

David Fincher a décidé de nous tirer les larmes de l'oeil, et il y arrive plutôt bien avec cette fable anachronique tout en retenue...
Synopsis: Curieux destin que le mien...
Ainsi commence l'étrange histoire de Benjamin Button, cet homme qui naquit à 80 ans et vécut sa vie à l'envers, sans pouvoir arrêter le cours du temps.
De 1918 à nos jours, voici l'étrange histoire de Benjamin: ses rencontres et ses découvertes, ses amours, ses joies et ses drames. Et ce qui survivra toujours à l'emprise du temps...
Ma note:

Ma critique:
Adaptée d’une nouvelle de Scott Fitzgerald écrite en 1922, "L’étrange histoire de Benjamin Button", elle-même inspirée par une pensée de Mark Twain (La vie serait bien plus heureuse si nous naissions à 80 ans et nous approchions graduellement de nos 18 ans), David Fincher nous nare cette histoire de manière calme, posée, telle qu'on lit un roman. Il y inclus même des poses, avec les retours au temps présent, où la fille d'une mère mourante, lui lit le journal intime de Benjamin.
Tout commence par une anecodte introductive, celle d'une horloge qui allaient dans le sens inverse d'une aiguille d'une montre, car son créateur souhaitait que son fils, mort au combat, revienne un jour parmi les siens.
Ainsi, le réalisateur joue avec le temps afin de nous y perdre: l'anecdote voulant se jouer du temps, le présent, le passé "à compte à rebours" de Benjamin et le passé de Daisy, la vieille dame mourante; et tous ces moments sont sous le signe de la mélancolie, de la mort annoncée que tout le monde redoute.
Même si tout le film est là pour nous faire tirer les larmes, David Fincher excelle dans l'effleurement de cette tentation. Ce n'est que par touche, par petits accoups, qu'il tire sur nos nerfs sensibles. La photographie est exceptionnelle, et a une véritable empreinte sur le film. C'est la marque de fabrique de David Fincher, et tous ces clair-obscurs, cette ambiance de photo jaunie, rend le fil de l'histoire crédible, nettement plus crédible que le jaune raté de Jeunet dans "Un long dimanche de fiançailles".
L'histoire de la vie de Benjamin a un petit quelque chose de Forrest Gump, sans l'aspect des rencontres de personnages historiques ou hors du commun; mais les ressemblances sont frappantes (la guerre, un ivrogne comme frère d'arme, un amour qui va et qui vient, le sentiment de rejet, une fortune toute trouvée, etc.). Toutefois, c'est dans la justesse que les rencontres de ce petit bonhomme se déroulent: c'est un échange constant d'expériences et de sentiments, plus souvent exprimés par des silences et des regards profonds. Brad Pitt a effectué un énorme travaille à ce niveau que c'est donc tout à fait normal qu'il soit nominé aux Oscars; de là à la gagner, je ne sais pas. Quoiqu'il en soit, les trucages et maquillages le concernant sont très bien faits, très bien distillés et son rajeunissement en adolescent est de toute beauté (je pense qu'il n'était pas aussi bel éphèbe dans sa jeunesse).
Fable plus philosophique que fantastique, il m'est toutefois difficile de dire si j'ai apprécié le film. Le rythme est lent, mélancolique et ce n'est pas trop à cela que je m'attendais. On comprend vite qu'un océan d'émotion va finir par vous submerger, car on se doute que voir s'éteindre un bébé est nettement plus lacrimal qu'un octogénaire.

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