Babylon A. D. de Mathieu Kassovitz

Le film tant attendu est une petite déception, ce n'est qu'un Block-Buster!
Dommage!
Synopsis: Dans un avenir assez proche, Toorop a mené bien des combats et survécu aux guerres qui ont ravagé le monde depuis le début du XXIème siècle.
La mafia qui règne sur l'Europe de l'Est confie une mission délicate à ce mercenaire : convoyer de Russie jusqu'à New York une mystérieuse jeune fille prénommée Aurora pour la remettre aux mains d'un ordre religieux tout puissant...
Toorop se dit que c'est l'occasion rêvée d'enfin quitter l'enfer européen, mais d'un autre côté, il se demande si justement son "paquet" ne serait pas une boîte de Pandore...
Ma note:

Ma critique:
Avouons-le de suite, ceux qui ne connaissent pas la vision crépusculaire de Dantec sur notre monde ne pourront pas apprécier toute la puissance du film. Et paradoxalement, ni les amateurs de l'univers apocalyptique de Dantec ne se retrouveront dans ce film. Mathieu Kassovitz a choisi un terrain d'entente, dans une sorte de DMZ, sans définir les limites et les frontières de cet univers.
Et c'est bien dommage. Le film nous laisse sur sa faim car il effleure les 2 thèmes principaux du livre: la fin du monde occidental tel que nous le connaissons; et l'omniprésence des bio-techonologies, où l'homme n'est plus tout à fait homme, avec l'apparition de plus en plus importante d'humains génétiquement modifiés. Pour revenir au film, le réalisateur nous plonge de suite dans une anarchie totale dans les restes de la Yougoslavie, sans préciser l'état de décrépitude de la vieille Europe. Pourtant, il aurait été simple dans ces premières longues minutes introductives, de narrer via les journaux radios, des évènements majeurs de fin de monde; et ainsi de découper le monde en 2: l'anarchie d'un côté avec terrorisme et mafia comme seuls maitres à bord; et en opposition, le monde 'libre' onusien, ultra-sécuritaire, qui fait tout pour se dégager de cette déchéance. Certes, j'extrapole sur l'univers complet de Dantec, mais c'était aussi le but de Kassovitz, et je trouve qu'il est passé à côté de ce message.
Concernant l'émergence des bio-technologies, on reste aussi un peu sur sa faim, mais cela fait partie du suspense de savoir ce que cache Aurora. J'aurais au moins aimé que la passage à la frontière US soit une vraie fouille rectale de l'ADN des protagonistes, et accentuait sur les méfaits et dangers de ces expériences génétiques. Enfin bref, les compromis et concessions lors du tournage de Kassovitz lui ont fait oublié ces 2 détails importants pour que le film imprime son univers dans l'inconscient du spectateur, et pour qu'il devienne ainsi culte.
Nous avons donc juste droit à un bon film d'action, un road-movie futuriste nous menant dans une russie totalement dévastée par la guerre nucléaire, batériologique et conventionnelle, le terrorisme et la mafia. Ce périple nous mène vers la froide Alaska pour enfin se conclure dans un New-York surpeuplé, et finalement, tout aussi dangereux.
La réalisation de Kassovitz essaye de fusionner le feu et la glace, et par moments, nous plongeons dans son délire visuel. Ce qui est dommage est d'avoir mis une voix testostéronée à 300% à Vin Diesel. A côté de lui, Rambo est en train de muer! On regrettera donc ce manque d'approche psychologique, d'autant plus le mercenaire incarné par Dantec est censé être au bout du rouleau, au bout de ses illusions. Mélanie Thierry et Michelle Yeoh apportent une touche féminine très appréciable dans ce monde de brutes. Il est dommage que la glaciale Charlotte Rampling n'est pas un rôle plus envoutante comme grande prêtesse, mais bon, comme l'avait dit Kassovitz, sa première bouture de scénario nécessitait un budget de 500 millions pour 5 heures de film...
Nous resterons donc sur notre faim, à nous gaver de pop-corn, et considérer ce "Babylon AD" comme un block-buster et rien d'autre.
Dommage.

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