Henning Mankell - Kennedy's brain

Après avoir terminé le receuil de nouvelles de Dantec, je me suis plongé dans le dernier Henning Mankell, le créateur de la saga de l'inspecteur Kurt Wallander. Ce coup-ci, nous n'aurons pas droit à des nouvelles enquêtes de Wallander, ni de sa fille, mais de celle d'une mère qui découvre son fils mort dans son lit, et qui est persuadé qu'il ne s'est pas ôté la vie tout seul.
Résumé: Louise Cantor, archélogue suédoise en mission en Grèce revient en Suède plus tôt que prévu et profite de faire la surprise à son fils.
Mais la surprise tourne court où elle découvre son fils, mort dans son lit. Mais elle refuse le verdict des autorités: mort par suicide suite à l'ingestion de barbituriques. Elle est persuadée qu'il a été assassiné, suite à plusieurs indices anormaux, dont cette thèse étrange sur lequel son fils travaillait, celle de la disparition du cerveau de Kennedy après son assassinat.
Pour l'aider dans son enquête, Louise part rejoindre son ex-mari et père de son défunt enfant, à l'autre bout du monde, et son périple la mènera encore plus loin, aux fins fonds de l'Afrique.

Ma note:
Remarque: lu en anglais
Ma critique: Je me suis toujours surpris à aimer le style d'Henning Mankell, qui est dans la plus pure tradition du polar, avec un flic taciturne, menant des enquêtes longues et relativement monotone, et ce dans un pays que je connais peu, et qui semble bien plus calme que les contrées latines où le crime semble plus avoir ses racines. Et pourtant, je suis un adepte, un accroc même de l'auteur scandinave. J'ai lu tous ses livres et c'est donc avec un certain plaisir que j'ai découvert ce "Kennedy's Brain".
Ce nouveau roman suit un peu la ligné du "Before the Frost", avec l'intervention d'un personnage féminin central, et de "The Return of the Dancing Master", avec un déplacement géographique important de son principal protagoniste. Pourtant, cette fois-ci, la sauce ne prend pas. En effet, la mère du jeune décédé n'en fait qu'à sa tête, s'envolant sur-le-champ chercher son ex-mari on ne sait où en Australie, qu'elle n'a pas vu depuis 15 ans. Ils se retrouvent comme par hasard, et repartent aussitôt en Espagne pour continuer son périple au fin fond de l'Afrique, au Mozambique, seule mais déterminée à trouver un sens à la mort de son fils.
Vous comprendrez donc facilement que le fil de l'histoire est tiré par les cheveux, que la constance des personnages de Mankell n'a plus lieu d'être, et qu'il y a cette divergence qui tourne autour du morceau de cerveau disparu du Président Kennedy, qui est certes amusante, intéressante même, mais en fait, elle fait partie d'un ensemble d'à-côtés de l'enquête qui nuisent au développement narratif de l'histoire.

Pourtant, rien à dire sur le style d'Henning Mankell, c'est limpide, cela se lit très facilement et rapidement, mais on reste sur sa fin, d'autant plus qu'il termine son roman par une queue de poisson, et surtout, sans donner aucune élément concret de réponse sur les fonds et les motivations du fils qui l'ont mené au Mozambique.
Dommage, car en étoffant un peu plus l'histoire, et en rendant moins extravagant certaines scènes (NB: il aurait été plus simple, plus crédible) de faire disparaitre l'ex-mari en Afrique, par exemple), ce livre serait un petit bijou à ajouter à sa très belle collection de chef d'œuvre. Mais apparemment, il a voulu conquérir un public plus féminin, moins complexe en jouant les Don Chiquote en jupe contre l'industrie pharmaceutique, alors que Douglas Kennedy nous a prouvé le contraire que les femmes aimaient la complexité et les situations machiavéliques...

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