Halloween de Rob Zombie

Grand fan de John Carpenter, j'avais hâte de voir à quel sauce (indigeste?) Rob Zombie à traiter le remake du film culte du Big John: Halloween.
Synopsis: Un 31 octobre, à Haddonfield, Illinois, le soir de la fête des masques de Halloween... La vie du jeune Michael Myers, 10 ans, bascule. Troublé par des pulsions morbides, moqué par ses camarades d'école parce que sa mère est strip-teaseuse, harcelé par son beau-père, tourmenté par les premiers émois sexuels de sa soeur aînée, il revêt un masque en latex et, dans un accès de folie, assassine la moitié de sa famille au couteau de cuisine...

A la suite de cette nuit de cauchemar, il est pris en charge par le Docteur Sam Loomis, un brillant pédopsychiatre, mais tue sauvagement une infirmière, précipitant le suicide de sa mère, désespérée. Un 31 octobre, 17 ans plus tard. Toujours dissimulé derrière un masque et enfermé dans son mutisme, Michael s'échappe de la prison psychiatrique où il a grandi et recommence à semer des cadavres sur sa route.
Convaincu qu'il est une incarnation du mal à l'état pur, le Docteur Loomis part sur sa piste. Celle-ci mène directement à Haddonfield, là où se trouve toujours la petite soeur de Michael, Laurie, seule membre de sa famille encore en vie.

Ma critique:
Quel plaisir d'écouter à nouveau les notes mythiques de John Carpenter dans une salle de cinéma, et quels frissons de revoir The Shape (neuvième du nom), et qui cette fois, incarne à perfection l'esprit de Michael Myers, premier du nom.
En fait, au lieu de faire une ridicule et pathétique neuvième suite, Rob Zombie a décidé de ré-écrire le premier film et d'effleurer les racines du mal, où le jeune Michael Myers a tué toute sa famille, pour devenir le serial-killer mythique d'Hollywood que l'on connait.
La première partie du film bouscule le spectateur et développe un univers dans lequel John Carpenter n'avait pas osé s'aventurer: celui des tourments de l'enfant-tueur. Rob Zombie a pris le pari risqué de mettre en scène un gamin, un blondinet au regard neutre inquiétant, qui aime se cacher derrière un masque de clown. Les premières scènes mettent de suite une tension visuelle sur le fil du rasoir, comme si les scènes étaient prises sur le vif, et où le sentiment de perte de l'innocence est omniprésent. D'ailleurs, les scènes des meurtres sont extréments violents, d'une rare sauvagerie. Alors que John Carpenter nous jetait brièvement dans l'effroi avec le crime de l'enfant tueur avec une caméra subjective, Rob Zombie nous plonge dans l'univers glauque de l'enfant, et nous étouffe avec les évènements le poussant à devenir totalement psychopathe, hors de lui, n'étant même plus capable de distinguer la réalité, caché derrière ses masques.
L'autre fait marquant de cette première partie, est la mise en avant de l'importance du masque. Au lieu d'un simple apparat, le réalisateur rend hommage à John Carpenter et à son coup de génie d'utiliser ce masque. Il sacralise véritablement l'objet et lui donnant une âme, une raison d'être, et pas seulement une seconde peau. C'est de loin le plus bel hommage au Big John!
Ce n'est qu'une fois le massacre de la famille, et le passé enterré, quasi oublié, que le réalisateur effectue un retour fidèle à la version originale. Et quel retour!
On en a même le vertige: même histoire, avec des dialogues mis au goût du jour, et mêmes personnages. On y retrouve les copines pas très farouches de Laurie, les gamins que baby-sitte Laurie et évidemment le docteur Loomis, joué par l'extraordinaire Malcom McLaren. Pour incarner "The shape", Rob Zombie a décidé de le rendre terriblement imposant avec un acteur de 2 mètres: Tyler Mane. Caché derrière son masque, The Shape n'a jamais été aussi imposant et crédible: fini l'aspect évanescent du précédent tueur qui mettait 3 plombes à courir après ces belles! Il faut également féliciter le jeune acteur jouant le jeune Michael: Daeg Fersch, qui vous donnera des sueurs froides la prochaine fois que vous verrez un gamin avec un masque de clown! Pour conclure, félicitons enfin Rob Zombie qui a réussi son pari, et qui n'est pas tombé dans le piège de rendre son psychopathe incompréhensible et invincible.

Quelques liens:

La bande annonce: