Heroes ou des héros bien étranges

TF1 a lancé le week-end dernier la série "Heroes" en prime-time et on peut les remercier d'une telle audace, et de nous épargner de la suite sans fin de "Lost".
Enfin, faut-il encore que ces "Heroes" ne tombent pas dans le même piège des séries à grand succès dont les scénaristes ne savent plus comment faire pour prolonger de quelques saisons ces machines à audience.
En tous les cas, avec "Heroes", voici une série TV qui me scotche et interpelle mon moi profond...

Pourtant, cela fait bien longtemps que je n'aime plus les super-heroes. Petit, je me suis gavé de comics (les Marvel & Cie), mais à la télé et au ciné, cela m'a toujours fait baillé. A mes yeux, faire combattre sur écran 2 super-héros frisera toujours le ridicule, cela ma rappelle toujours l'impression de voir les séries japonaises (les power rangers avec leurs tenues fluos) ou un truc du genre, et ce malgré les effets spéciaux toujours plus efficaces.

Bref, là, avec "Heroes" c'est un peu différent; Tom Kring, le concepteur de cette série a repris le meilleur des idées des super-héros tout en leur gardant un côté résolument HUMAIN! En fait, il a repris ce que les spectateurs ont le plus apprécié dans les derniers films de super-heros: la découverte de leur pouvoir. Et avec un série de 20 épisodes et une dizaine de personnages, il est facile de leur faire prendre leur temps de découvrir leurs dons, pour notre plus grand plaisir. ;-)
Pour résumer ceux qui n'ont pas encore vu la série, "Heroes" raconte l'histoire d'une dizaine de personnages, qui découvrent peu à peu tous qu'ils ont un don hors du commun: voler, peindre le futur, entendre les pensées des autres, se régénérer malgré une coupure mortelle, etc. Et tous ces personnages semblent relier. D'une part, un tueur en série les tue un à un en leur découpant le cerveau, et d'autre part, ils semblent être liés les un les autres pour sauver le monde... enfin, le croivent-ils...

Le début de la série en rappelle beaucoup d'autres et aussi des films, c'est un peu le mélange de X-Men, Spiderman, Roswell, Twin Peaks, Donnie Darko... Il y aussi ce pouvoir d'arrêt du temps qui me rappelle énormément cette série fantastiques française "les visiteurs" de Michel Wyn dans les années 80.
En tous les cas, cette série, qui a l'étrangeté d'un Twin Peaks fusionné avec l'intelligence d'un X-Men me plait énormément. D'ailleurs, on peut être surpris par ce scénario qui part dans tous les sens, avec de multiples personnages et de multiples intrigues qu'on suit assez difficilement, si on a le malheur de rater un épisode. Ce que n'ose pas Hollywood, la télé l'ose, et on peut le remercier de nous redonner un peu de notre cerveau.
Au fur et à mesure que l'on avance dans les épisodes, nos doutes s'estompent, tout autant que nos certitudes! Les méchants ne sont pas si méchants, les gentils ont des actes pas si gentils que ça et ceux qui ne savent pas quoi faire de leurs dons vont de part et d'autres des 2 ou 3 clans clairement identifiés...
C'est sûr, à partir du 15ème épisode, les pouvoirs de nos "heroes" deviennent de plus en plus extraordinaires et deviennent presque des X-Men à part entière. L'analogie ne fait plus de doutes et toute la fin de la série, outre les scènes d'action, est un développement politique, social et philosophique du débat que mène le professeur Professor Charles Francis Xavier et Magneto dans X-Men, et ce pour chacun des protagonistes. C'est intelligemment bien fait et les fausses pistes sont nombreuses et déroutantes (et surtout le moto génial "Save the Cheerleader, save the World". J'en suis (à l'heure où j'écris ces lignes au numéro 20 sur 23 épisodes) et j'ai vraiment hâte de découvrir la fin, de savoir ce qui va devenir de New-York et de ces héros pas si ordinaires... Et à vrai dire, je suis perdu. Le 20ème épisode déroute vraiment et on ne sait vraiment plus quoi penser des protagonistes et des fins possibles...

Enfin, et surtout, le succès de cette série, c'est que les producteurs ont trouvé des gueules, des belles gueules, voire de très belles gueules! Il suffit d'entrevoir les 2 blondes Ali Larter et Hayden Pannetierre pour en tomber amoureux ;-) ! Et il y a aussi la très belle afro-américaine aux yeux bleus: Tawny Cypress, qui vous donnera envie de rester collé à votre écran. Niveau mecs, ce ne sont pas des mannequins, mais ils ont tous leur charme. Du jeune intello, au petit japonais enthousiaste, au flic empaté, au jeune indien, au politicien, ils ont tous quelque chose qui sort du commun, malgré la banalité de leur trait. Bref, on s'identifie clairement à eux et on aimerait avoir comme eux un don, se sentir quelqu'un d'exceptionnel...
Et la grande question qui nous hante est: et vous, quel don souhaiteriez-vous avoir?