La crise à Airbus

Voilà, c'est un mal français: nous avons des entreprises qui prospèrent, qui arrivent à se démarquer sur le marché mondial et en 2 ou 3 ans, patratra, c'est la crise!
Pourtant, le point commun entre Matra, Air France, Alsthom, Alcatel et maintenant Airbus, c'est qu'à un moment donné, l'Etat a décidé de placer un de ses hommes à lui, en remerciement pour ses bons et loyaux services.

Et c'est en peu ce qui s'est passé avec Airbus. Après la débacle PS de 2002, tout semble à croire que Chirac en a confié la mission de son protégé Noël Forgeat de mettre à mal Philippe Camus pour l'exclure définitivement fin 2005.
Déjà qu'en 1999, à la suite de la création d'EADS piloté par le gouvernement français, avec 2 hommes à la clé: Philippe Camus (déjà en place au sein du groupe Lagardère) et le débarqué (et ami de Jacques chirac) Noël Forgeat, où ces 2 ennemis intimes ont peu à peu évincé ceux qui avaient construit la réussite technique, industrielle et commerciale de l'entreprise, pour finir par s'entretuer. Et le départ de Philippe Camus, fièrement suplanté par Noel Forgeard, a certainement été aidé par les faveurs de notre dernier monarque en date, Sieur Chirac, pour damer les pions mis en place par Jospin et DSK.
Et quand le nouveau patron a vu qu'il n'avait pas la carure pour gérer ce monstre industriel, il est parti en catimini, mais les poches pleines, laissant à Louis Gallois de gérer la merde, et nos politiques candidats de jouer aux candides faux-culs revendiquant auprès des futurs licenciés qu'il est grand temps que l'Etat remette son nez dans cette histoire.
Et bien, on vient de voir ce que cela donnait... On peut attendre le pire. Surtout ce que les dires de Ségolène, de Nicolas ou de François vont à l'encontre du discours de Louis Gallois dans les Echos des 2 et 3 mars, que « tout dans Airbus ne soit pas vu à l'aune des équilibres franco-allemands. Le principal sujet est d’assurer la vie et le développement d'Airbus, et il est temps que nous prenions des décisions industrielles cohérentes dépassant les frontières nationales. Les conflits nationaux –je le dis et je le redis- sont un poison pour Airbus. Il faut que ça s'apaise au plus vite».

Les 2 questions que je me pose:
  • Peut-on retirer les stocks options de Forgeat, car c'est une honte d'être parti avec une telle enveloppe, en laissant derrière lui un tel désastre managérial et industriel?
  • Peut-on mettre la responsabilité de nos politiques dans cet abus de pouvoir?

Je suis loin d'être un révolutionnaire, mais on en finirait par regretter Action Directe qui savait mettre un peu la pression sur les abus de nos politiques...